Une étude récente* démontre que la suppression partielle des notes a un effet bénéfique sur la qualité des apprentissages des élèves, particulièrement les élèves issus de milieux plus modestes. L’expérimentation a été conduite auprès de 84 établissements de l’académie d’Orléans-Tours sur l’année 2014/2015, soit plus de 2500 élèves. En pratique, les enseignant(e)s participant(e)s ont privilégié l’évaluation positive par compétences et fortement limité le rôle des notes dans l’appréciation des élèves. Les résultats obtenus à la fin de l’année scolaire en mathématiques au Diplôme National du Brevet des Collèges par les élèves impliqués dans l’expérimentation ont été comparés à ceux obtenus pour des classes étant notées selon les pratiques habituelles. Les écarts habituellement observés entre élèves issus de classes sociales favorisées et défavorisées ont été divisés par deux ! Ces résultats s’expliquent notamment par la modification du comportement des élèves par rapport aux apprentissages. En effet, Ils ont développé des motivations non plus tournées vers la note mais davantage orientées vers une acquisition durable des connaissances. Il reste à savoir si ce résultat est la conséquence d’une baisse des meilleurs élèves ou d’une amélioration des élèves moins performants. La réponse est claire : les meilleurs élèves ont eux aussi vu leurs résultats s’améliorer. La suppression partielle des notes constitue donc un système vertueux, qui tire tout le monde vers le haut. C’est un vrai ascenseur social !
* Cette étude, toujours en cours, a été menée par Pascal Huguet (Aix-Marseille Université), Isabelle Régner (Aix-Marseille Université), et Céline Darnon (Université de Clermont-Ferrand) chercheurs en psychologie, rattachés au CNRS.